Le projet
agrivoltaïque
La Ferme du
Beugnon à
Arcy-sur-Cure

LE VOLET AGRICOLE

Delphine Petit est née dans une exploitation de polyculture élevage gérée avec passion depuis plusieurs générations. Elle se souvient avec émotion de toutes les activités, liées aux ovins, auxquelles elle a participé dès son plus jeune âge.

Elle a toujours voulu s’installer mais des problèmes de santé l’ont empêché de s’installer, elle a bifurqué dans un autre secteur. Cela fait maintenant plusieurs années qu’elle cherche à s’installer, mais elle n’a accès à aucun foncier agricole, et une première étude économique a montré qu’une installation seule n’est pas économiquement viable. Delphine a donc cherché à trouver une solution pour réaliser ce rêve d’installation. Un collectif d’agriculteurs étaient quant à eux à la recherche d’une solution pour préserver leurs exploitations, dont l’avenir est de plus en plus incertain. C’est la naissance du projet de la Ferme du Beugnon.


Les 6 agriculteurs du projet agrivoltaïque La ferme du Beugnon se connaissent bien. Voisins de parcelles, ils ont l’habitude de travailler côte à côte les terres calcaires du plateau d’Arcy-sur-Cure et de se côtoyer au sein d’une CUMA. Depuis le lancement du projet, ils travaillent même ensemble. Réunis autour de l’envie commune de trouver une solution pérenne pour assurer la viabilité économique de leur activité et conserver la vocation nourricière de leurs terres, ils ont décidé de constituer l’association Les champs ensoleillés du Beugnon, avec Delphine, dans la perspective de développer aux côtés de GLHD le projet agrivoltaïque.
A l’aide de réunions hebdomadaires, d’échanges avec différents porteurs de projets, de conseils d’experts, ils s’inspirent et précisent peu à peu le projet d’installation de Delphine.

CONSTRUIRE ENSEMBLE UN PROJET AGRICOLE INNOVANT

Le projet de La Ferme du Beugnon est d’accueillir un élevage ovin de 500 brebis, qui viendrait paître à l’ombre des panneaux photovoltaïques et permettrait de produire de la viande d’agneau. Ce projet serait mené sur 80% de la surface du projet.

Une étude technico-économique a été mené par la Chambre d’Agriculture de l’Yonne, en collaboration avec un expert ovin de la coopérative Alysé, afin d’accompagner l’éleveuse dans son installation, en construisant un modèle d’élevage économiquement viable.

En cours de reconversion, la future éleveuse débutera avec un cheptel de 150 brebis. Le cheptel se constituera sur plusieurs agnelages afin d’atteindre l’objectif de 500 brebis. Elle débutera son activité un peu avant la construction des installations photovoltaïques afin d’occuper les prairies sous les panneaux avec un nombre suffisant d’animaux dès que les parcelles seront disponibles.

La structure juridique agricole du collectif intégrera l’éleveuse comme associée et sa forme est en cours de définition. La structure portera le projet d’investissement des bâtiments d’élevage ainsi que le matériel nécessaire à l’activité de l’éleveuse.

Ses principaux revenus seront issus de son élevage et de la vente de viande d’agneau, ainsi qu’un revenu relatif à la production photovoltaïque qui stabilisera son revenu. Il est donc important pour elle de construire un modèle d’élevage économiquement viable. La surface du projet a d’ailleurs été dimensionnée avec l’expertise nécessaire, pour que l’éleveuse s’investisse à temps plein sur son exploitation.

À l’aide des porteurs de projet et des partenaires, elle a déjà commencé sa formation et a pensé à l’organisation de son exploitation.


Sur les 20% de surface restante, les agriculteurs ont pour ambition de tester la complémentarité entre la présence de panneaux photovoltaïques et des Plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) afin de s’inscrire dans une dimension de recherche-action. L’agrivoltaïsme est un modèle en cours d’expérimentation et l’objectif serait de partager leurs résultats avec d’autres groupes d’agriculteurs, investis dans des démarches similaires.

« En tant qu’agriculteurs, chaque année est différente. Nous sommes habitués à nous remettre en question continuellement, à chercher de nouvelles solutions et des innovations techniques. Mais innover, c’est souvent prendre un risque et compte-tenu de la situation de nos exploitations, cela devient très compliqué.


Avec l‘agrivoltaïsme, on bénéficie de ressources sécurisées. C’est un coup de pouce financier qui nous permet d’envisager sereinement le changement ».


Membres du collectif Les champs ensoleillés du Beugnon, atelier de travail de Février 2021

Cultiver à l’ombre des panneaux photovoltaïques, 
un pari gagnanT

Au-delà de la production d’une énergie renouvelable, la présence de panneaux photovoltaïques sur des terres agricoles peut être bénéfique à différents types d’activités agricoles.

En effet, la création de zones d’ombre permet tout d’abord de limiter les impacts de la sécheresse sur les cultures, et ainsi d’apporter des solutions aux changements climatiques. D’autre part, avec la présence des panneaux, l’utilisation de certains produits chimiques est déconseillée. C’est ainsi un levier pour tester des pratiques agricoles exemptes de produits phytosanitaires de synthèse, comme l’agriculture biologique, et préserver ainsi la ressource en eau.


Enfin, développées dans une proportion raisonnable sur chaque exploitation, ces projets constituent une opportunité pour les agriculteurs parties prenantes (une diversification apportant un complément de revenus) concourant au maintien de leurs activités sur des terres où les rendements tendent à diminuer.